Myles Begley : « Moins je travaille, plus je suis pertinent »
Pour ce nouvel épisode du Cheat Code, nous avons reçu Myles Begley, avocat en M&A et fondateur du cabinet Clean. Après près de neuf ans dans un grand cabinet d'affaires parisien, il a choisi de se lancer avec une vision du métier qui détonne : travailler moins, mieux, et uniquement avec des clients qui lui ressemblent.
Raisonner pour l'étape finale, pas pour l'étape d'après
Arrivé dans le droit sans réseau particulier, Myles a gravi les échelons d'un cabinet qu'il a adoré, de son stage en 2016 jusqu'à son départ en 2025. Un parcours guidé par une règle simple : être content d'aller travailler le matin.
Ce qui l'a poussé à partir ? Une prise de conscience que beaucoup ont trop tard. Selon lui, on construit souvent sa carrière en visant l'étape d'après, rarement l'étape finale. Or, une fois arrivé au bout, aura-t-on vraiment la vie et l'équilibre que l'on souhaite ? Pour Myles, « il n'y a rien de prestigieux à être misérable dans son métier ». Il est parti par fidélité et par honnêteté intellectuelle, au moment où il sentait qu'il ne donnerait plus autant qu'avant.
« Il a changé son monde »
D'où lui vient cette philosophie ? En grande partie de son grand-père, disparu récemment à 100 ans, qui a été son meilleur ami. « Pour moi, mon grand-père a changé le monde. Mais il a changé son monde. C'est ça la différence. » Une question d'échelle, et des valeurs de simplicité, de générosité et d'humilité qui l'accompagnent encore aujourd'hui.
Pendant douze ans, il a rarement manqué de descendre une fois par mois à Marseille pour déjeuner avec lui. C'est, dit-il, l'une des plus grandes fiertés de sa carrière, bien avant les dossiers prestigieux.
Moins travailler pour être plus pertinent
Critique du taux horaire, Myles refuse de considérer qu'une heure passée sur un email vaut autant qu'une idée qui débloque un deal. Ce qu'il vend, c'est la valeur ajoutée : pour un avocat en M&A, la certitude de réaliser un deal. « Si on est là pour empêcher, on a tout perdu. »
D'où sa conviction, assumée : pour ses clients, moins il travaille, plus il est pertinent. Avec l'IA, il va même plus loin : si un avocat travaille autant qu'avant, c'est qu'il y a un problème. L'IA prend en charge les tâches qu'il aime le moins et lui laisse le temps de réfléchir et d'affiner, à condition de toujours tout relire.
Le sport comme fil rouge du positionnement
Le positionnement de Clean s'est construit naturellement. Passionné de foot depuis l'enfance, Myles a participé au rachat des Girondins de Bordeaux, un dossier qui lui a ouvert les portes du secteur sportif. Sport professionnel, sport loisir, performance et bien-être : il accompagne aujourd'hui des clients passionnés, sur des sujets qui le passionnent aussi. Il a même obtenu un diplôme de nutritionniste il y a deux ans.
Sa règle : rester fidèle à ce qu'il est, à ses goûts et à sa manière de voir le métier, pour construire des relations solides et durables, quitte à accepter de ne pas convenir à tout le monde.
Aux jeunes avocats : temps perdu ou temps investi ?
Myles refuse le discours selon lequel les jeunes ne voudraient plus travailler. Ils ne sont pas moins motivés : on leur répète simplement qu'ils vont être remplacés par un ordinateur, dans un climat de pessimisme qu'il juge « absolument terrifiant ».
Son conseil : distinguer le temps perdu du temps investi. Les soirées tardives au cabinet ont un coût, mais si elles servent à acquérir des compétences, de l'expérience et des réflexes, ce sacrifice finit par payer en efficacité. Et pour bien utiliser l'IA, un exercice simple : contredire ChatGPT, et constater qu'il vous donnera raison. Mieux vaut chercher à être challengé que conforté.
Un échange sincère sur l'équilibre de vie, la valeur ajoutée et l'avenir du métier d'avocat. À retrouver dans son intégralité sur Le Cheat Code par OURAMA.
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