Un parcours tourné vers le droit public et l’indépendance
Dès sa troisième année d’études, Erwann Sellier hésite entre le droit, les sciences politiques et le droit européen. Finalement, il choisit la voie d’avocat, attiré par la volonté de convaincre, de défendre et par le statut libéral du métier.
Avocat depuis dix ans, il exerce exclusivement en droit public. Il s’est d’abord projeté dans de grands cabinets, notamment à Paris, avant de réaliser que ce modèle ne lui correspondait pas totalement. « Il y a autant de manières d’exercer que de cabinets », explique-t-il. Entre Paris et Lille, les codes et les pratiques sont diffèrentes, mais surtout, chaque structure impose son propre rythme.
Rapidement, il comprend qu’il ne se voit ni collaborateur toute sa vie, ni installé durablement à Paris. Deux options s’offraient à lui : créer son cabinet ou, peut-être, quitter la profession. Il choisit d’entreprendre.
Lancer son cabinet d’avocat : doutes, organisation et business model
Pour beaucoup d’avocats, « il n’y a pas de bon moment pour se lancer ». Erwann Sellier confirme : il est parti avec un petit fonds de clientèle, sans avoir particulièrement travaillé son développement en amont. Les deux premiers mois ont été intenses. Son activité ne lui permettait pas immédiatement d’en vivre, mais les doutes n’ont pas duré.
Un outil l’a particulièrement aidé : le business model Canva. Cet exercice lui a permis de clarifier son positionnement, d’identifier les clients qu’il souhaitait et surtout de cibler et structurer son offre. Aujourd’hui, il insiste : les cabinets d’avocats sont devenus de véritables entreprises, avec leurs spécificités, leur organisation et leur stratégie.
Créer son cabinet, c’est gagner en liberté. Mais cette liberté implique aussi de construire un modèle solide pour « faire tourner le cabinet » et non l’inverse.
Le rôle clé du site internet dans le développement de la clientèle
Un élément a joué un rôle déterminant dans son lancement : son site internet, conçu avec Ourama. L’impact a été immédiat. Sa clientèle est aujourd’hui répartie partout en France, et paradoxalement moins concentrée dans les Hauts-de-France, où il exerce à Lille.
Le site internet est devenu son principal canal d’acquisition. « C’est une vitrine rassurante », explique-t-il. Comme un cabinet médical dont la salle d’attente inspire confiance, un site clair et professionnel constitue un premier point d’ancrage pour le client. Le contact humain vient ensuite renforcer ce lien.
Dans une profession fondée sur la confiance, cette première impression digitale est essentielle.
Organisation et limites : éviter l’épuisement professionnel
L’une des erreurs qu’il reconnaît à l’ouverture de son cabinet ? Se laisser submerger par les mails et les appels. Tout traiter immédiatement, répondre sur son téléphone personnel, être disponible en permanence. Résultat : une fatigue physique et mentale importante.
La solution a été organisationnelle : mise en place d’un standard téléphonique, création d’une distance professionnelle, structuration des flux. Être accessible ne signifie pas être disponible à tout moment, explique-t-il.
Le sujet du burn-out est central dans la profession. Les avocats absorbent les problèmes de leurs clients, endossent un rôle de « magicien » et peinent parfois à poser des limites. « Nous ne sommes pas des magiciens », rappelle-t-il. L’épuisement professionnel est une réalité dont la profession doit se saisir avant qu’il ne soit trop tard.
Il insiste sur un point essentiel : il n’y a qu’eux-mêmes qui peuvent prendre soin de leur santé. Il est donc essentiel de se poser régulièrement la question « Est-ce que ça va ? ».
Construire un cabinet pérenne et trouver l’équilibre
Son ambition aujourd’hui ? Continuer à structurer son cabinet, accueillir des collaborateurs et développer une organisation qui ne repose pas uniquement sur lui. À terme, il souhaite un cabinet capable de fonctionner sans que tout dépende de sa seule présence.
L’objectif est clair : trouver un équilibre durable entre vie professionnelle et vie personnelle. Le métier d’avocat est un engagement intense, fait de grandes joies et de grandes peines. Il exige écoute, implication et humanité, tout en maintenant une barrière suffisante pour ne pas se laisser submerger émotionnellement.
Son message final est simple : il est important d’être sympa avec soi-même particulièrement quand on exerce en tant qu’avocat.